Métro - 2 avril 2003 - Réquisitoire contre les maréchaux
L'enquête publique relative à la construction du tramway se termine vendredi.
Mais l'association ORBITAL proteste contre son implantation le long des boulevards des Maréchaux, lui préférant la petite ceinture.
Alors que le tracé du tramway des maréchaux semble recueillir une grande part d'opinions favorables, l'association d'usagers des transports en commun ORBITAL dénonce un projet qu'elle qualifie "d'insatisfaisant". Une grande lenteur, des capacités limitées, de faibles performances ne permettraient pas d'envisager sereinement l'évolution de la demande des voyageurs pour les années à venir.
Selon ORBITAL, le site de la petite ceinture ferroviaire permettrait de transporter le double de voyageurs (18.000 personnes par heure), plus confortablement, à une plus grande vitesse (30 Km/H au lieu de 20), tout en conservant les bus PC pour les dessertes des proximités.
Enfin, ce projet propose un coût de réalisation presque deux fois inférieur au tracé des maréchaux, (177M€ contre 261 M€ pour les maréchaux).

 

Le Figaro 15 mars 2003, article de Delphine Chayet : Polémique sur le tracé du tramway sud
Le "véritable débat" n'a pas eu lieu. Au moment où se tient une enquête publique sur le tramway parisien (jusqu'au 5 avril), un collectif de onze associations remet en question le choix fondamental de la mairie de Paris : le tracé de cette future ligne, reliant sur près de huit kilomètres le pont du Garigliano (XV°) à la porte d'Ivry. "On n'engage pas un chantier de trois ans portant sur 185 millions d'Euros en remisant la question essentielle de son trajet" a dénoncé hier le collectif. Le tramway traversera trois arrondissements du sud de la capitale, en passant sur les boulevards des maréchaux. Or, selon le collectif, la concertation prélable s'est bornée à exposer ce parcours sans soumettre au débat une implantation sur la petite ceinture ferroviaire.
"En présentant de manière biaisée son projet, la mairie a réussi à éluder la seule question qui méritait d'être posée. Il y a là une irrégularité manifeste puisqu'une délibération votée en 2001 au Conseil de Paris exige une étude de l'alternative", explique Didier Lourdin, président de l'association Orbital ( http://association.orbital.free.fr/ ), en brandissant une pétition signée par 2.000 contestataires.
"Le choix des maréchaux est inscrit au contrat de plan Etat/Région, souligne un conseiller de Denis Baupin, adjpoint (Verts) au maire chargé des transports. Nous avons repris ce que nos prédécesseurs ont décidé".
Ce choix est notamment fondé sur une étude du Syndicat d'Ile-de-France (STIF), rendu en 1998. Le collectif s'est livré au même exercice pour arriver à une conclusion radicalement opposée : la solution ferroviaire recueille l'avantage dans neuf des onze critères étudiés. "Une augmentation de 10 à 15 % sur la rocade est annoncée par le plan de déplacement urbain", note pour mémoire Eric Ehlers, de l'association des usagers des transports. Et, compte tenu de son implantation sur la voirie, la capacité de transport du futur tramway - 28 millions de voyageurs par an - ne pourra pas être augmentée. Selon le collectif, seule la Petite ceinture aurait permis un tel ajustement. Avec une vitesse commerciale estimée à 30 km/h, l'attractivité d'un tramway circulant sur l'ancienne voie appartenant au Réseau ferré de France (RFF) semble en outre être assurée. C'est 10 km/h de plus que sur les boulevards concernés.
Conséquences : la petite ceinture attirerait 8 % des automobilistes, d'après les calculs du STIF, contre 7% dans la solution aujourd'hui développée.
Ainsi s'effondre, aux yeux du collectif, l'argument premier de la mairie. Tout à sa lutte contre la pollution, Denis Baupin n'a en effet jamais caché son intention de grignoter l'espace alloué à la circulation automobile. Sur la forme, Elisabeth Schapira, présidente d'une association de riverains, conteste "l'efficacité de cette méthode coercitive" à laquelle elle préfère une "multiplication de l'offre de transports".
L'utilisation des anciennes voies ferrées aurait à cet égard permis de conserver le passage des bus sur les boulevards. "En tout état de cause, on n'est pas obligé de faire passer le tramway sur un boulevard pour en réduire l'espace", résume Elisabeth Schapira en suggérant, à la place, d'agrandir les trottoirs ou de dessiner une promenade plantée. A ces arguments, la mairie oppose un calcul financier. "On ne pouvait à la fois procéder à la requalification complète des maréchaux et à l'aménagement du tramway sur la petite ceinture sans faire exploser le budget. La solution retenue permet de réaliser les deux, à moindre coût"

 
Denis BAUPIN adjoint du maire de Paris aux transports a déclaré, lors de la réunion de concertation préalable "Tramway des Maréchaux Est" organisée à la Mairie du XIIème arrondissement, en réponse à une riveraine inquiète que" le bruit provoqué par le tramway était un fantasme" et que lui même avait constaté, alors qu'il résidait à saint-Denis que les "wattman du T1" avaient du rajouter une clochette, tellement le tramway était silencieux.

Alors pourquoi 2 minutes plus tard avoir indiqué que ce même tramway ne pouvait être mis sur la Petite Ceinture, du fait des "nuisances qu'il provoquerait" ?
 
Texte figurant dans le volet transport du site de B. Delanoe Paris
S'éveille en mars 2001 lorsqu'il était candidat à la mairie de Paris.


"Tout en favorisant la réalisation d'un tramway moderne sur les boulevards des Maréchaux, nous entendons protéger pour l'avenir l'importante réserve foncière constituée par l'emprise ferroviaire de la petite ceinture et faire engager les études visant à définir quel rôle pourrait jouer cette ligne dans le système de transport d'Ile-de-France, en particulier pour faciliter les liaisons rapides entre portes de Paris ou entre lignes du réseau de métro et de RER ou encore, pour assurer, sur des tronçons couverts, l' acheminement de marchandises."

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