Le Parisien, Samedi 19 Juin 2004
LE CHANTIER DU TRAMWAY DANS L'ILLEGALITE ?
LES TRAVAUX du tramway des maréchaux devront-ils s'interrompre ? Une décision du tribunal administratif laisse planer la menace : la délibération déclarant l'intérêt général du projet du tramway des maréchaux sud (TMS) -autrement dit le feu vert au chantier - vient d'être annulée. Hier soir, la Ville a immédiatement minimisé les effets de cette décision. " Le motif est formel et n'entache pas l'intérêt général du projet ", assure l'Hôtel de Ville, qui compte régulariser la situation dès le prochain Conseil de Paris, le 5 juillet.
" Le calendrier de livraison du tramway ne sera pas modifié ", assure la mairie.
Les travaux pourraient être suspendus dès lundi La livraison du tramway reste programmée pour 2006 mais le chantier, lui, pourrait quand même être un peu retardé. En fonction de l'énoncé du jugement, il se pourrait que la Ville soit obligée de suspendre les travaux dès lundi en attendant le vote de la nouvelle délibération. Pis ! D'après certains spécialistes, la Ville pourrait être obligée de repartir de zéro et de refaire une enquête publique sur le tramway. " D'après l'article L 126-1 du Code de l'environnement, la délibération déclarant l'utilité publique d'un projet doit être prise au plus tard un an près la clôture de l'enquête publique ", souligne un juriste. Or, l'enquête publique sur le tramway s'est achevée le 12 juin 2003. En juillet, il sera donc trop tard ! Hier soir, les anti-tramway des maréchaux se frottaient les mains. " L'annulation du tribunal montre bien que les procédures n'ont pas été effectuées dans les règles. Nous allons poursuivre nos démarches pour défendre le passage du tramway sur la petite ceinture ", déclare un membre de l'association Orbital qui milite pour l'ancienne voie ferrée.
 
AFP, Vendredi 18 Juin 2004
Nouvelle délibération sur le tramway au Conseil de Paris le 5 juillet
Le Conseil de Paris procèdera le 5 juillet à une nouvelle délibération sur le projet de tramway des Maréchaux sud (TMS), après l'annulation par le tribunal administratif de celle qui avait eu lieu en juillet 2003, a annoncé vendredi la mairie de la capitale. L'association Orbital, créée en 2002 pour promouvoir le transport ferré en Ile-de-France, avait présenté un recours contre cette délibération. Le tribunal lui a donné raison pour "vice de forme". Cette décision "n'entâche pas l'intérêt général du projet", a souligné la mairie dans un communiqué, ajoutant que cette situation sera régularisée dès le prochain Conseil de Paris. Dans ces conditions, le calendrier de livraison du tramway "ne sera pas modifié", a précisé le communiqué.
 
Le Parisien, Mardi 18 Mai 2004
LA SNCF A DEJA FAIT SON CHOIX
A QUOI SERT cette nouvelle consultation des Parisiens sur le PLU ? C'est la question qu'on peut se poser au regard d'un document que la SNCF vient de transmettre aux élus de la capitale. Alors que, dans le questionnaire envoyé ces jours-ci aux habitants, ces derniers doivent notamment donner leur avis sur le développement du transport de marchandises à Paris par le train, la SNCF semble avoir déjà décidé de développer le fret dans la capitale. C'est en tout cas le projet présenté clairement dans sa brochure : il y est question de faire passer des trains de marchandises sur le tronçon de la petite ceinture compris entre le quartier des Batignolles dans le XVII e et celui de Bercy dans le XII e . « C'est scandaleux. La SNCF se moque complètement de l'avis des Parisiens », lâche Jean-François Pernin, l'ancien maire UDF du XII e qui est tombé des nues en lisant la plaquette de l'entreprise ferroviaire. Au cabinet de l'adjoint chargé de l'urbanisme Jean-Pierre Caffet on répond que ce choix de la SNCF n'a rien de neuf. « Et il est normal que les partenaires de la Ville expriment leurs souhaits. Nous avons d'ailleurs déjà inscrit ce désir dans les grandes lignes du PLU», répond un conseiller de Jean-Pierre Caffet. Mais, dans ce cas, pourquoi interroger les habitants? « Même si des projets sont en route, nous prenons le pouls des Parisiens pour savoir ce qu'ils en pensent. Cela permettra au maire de prendre les décisions le moment venu. » Une seule certitude en tout cas : l'avenir de la petite ceinture, à long terme, prend de plus en plus la voie du chemin de fer et s'éloigne de la coulée verte. Quel que soit le choix des Parisiens.
 
Le Parisien, Samedi 29 Mai 2004
MENACE SUR LE TRAMWAY DES MARECHAUX
LES ANTITRAMWAY peuvent se frotter les mains. Cette semaine, face au tribunal administratif saisi par plusieurs associations, le commissaire du gouvernement a estimé que deux délibérations votées l'an dernier par le Conseil de Paris pour lancer le chantier sur les Maréchaux n'étaient pas valables. « Si les juges suivent cet avis, le chantier du tramway pourrait être suspendu et il faudrait reprendre la procédure depuis le début », assure un spécialiste. La réponse sera connue d'ici l'été.
S'agit-il d'un sérieux coup de frein à l'un des projets phares de l'équipe Delanoë ? Du côté de l'hôtel de ville, on minimise l'importance de cette prise de position du commissaire du gouvernement. « Nos juristes sont en train d'examiner les conséquences que cette déclaration de nullité pourrait avoir, assure Denis Baupin, l'adjoint chargé des transports. Mais il est très peu probable qu'elle ait des conséquences directes sur le chantier. On nous attaque sur des questions de forme ».
Ce revers pour la mairie survient dans le cadre d'une procédure lancée par plusieurs associations contre le projet de tramway sur les Maréchaux. Ce groupe de responsables associatifs en a déposé un recours au tribunal administratif en septembre dernier. Motif invoqué : en faisant le choix des boulevards de Maréchaux plutôt que de celui de la petite ceinture, le projet de tramway ne serait notamment pas conforme à la loi d'orientation sur les transports intérieurs ainsi qu'au schéma directeur de la région Ile-de-France de 1994.
Avec ce combat, les antitramway des Maréchaux souhaitent remettre l'ancienne voie ferrée de la petite ceinture sur le devant de la scène. « Se le juge du tribunal administratif nous donne raison, le principe de faire passer le tramway sur ces voies ferrées déjà existantes devra de nouveau être étudié par Monsieur Delanoë », insiste Didier Lourdin, l'un des représentants de l'association Orbital qui milite pour le développement des transports ferrés en région parisienne.
 
Metro, Mardi 25 novembre 2003
LE TRAMWAY DE LA PETITE CEINTURE PLAIT
A deux jours du vote du budget final du tramway par le conseil régional d’Ile-de- France, un sondage Ifop commandé par l’association Rocade de Paris révèle que le boulevard des Maréchaux n’est pas l’implantation préférée des Franciliens. “Le tramway des Maréchaux tel qu’il est envisagé aujourd’hui n’est pas un tramway régional mais local”, affirme Didier Lourdin, président de l’association Orbital. “Les décideurs politiques sont rentrés dans une logique d’implantation qui ne correspond pas aux désirs des usagers”, ajoute-t-il. Depuis de longs mois, les travaux d’aménagement du tramway des Maréchaux divisent autant la classe politique que les riverains. Selon un sondage Ifop commandé par l’association Rocade de Paris, seules 33% des personnes interrogées souhaitent l’implantation du tramway sur le boulevard des Maréchaux, contre 55% sur la petite ceinture ferroviaire. “L’Ifop a demandé à un échantillon représentatif d’habitants des quartiers concernés quel était le lieu idéal pour son implantation parmi les différentes options, ce qui n’était pas demandé auparavant”, poursuit Didier Lourdin. Une étude qui relance le débat à deux jours du vote du budget, qui assurera le financement pour la suite des travaux, malgré l’opposition des élus UMP. “Nous avons pris la décision, en plein accord avec nos collègues élus UMP du Conseil de Paris, de nous abstenir lors du vote du 27 novembre”, a déclaré hier Jean-François Copé. Malgré ces tumultes, le sondage montre que les personnes interrogées sont en grande majorité favorables à l’installation du tramway en banlieue (86%), en Ile-de-France (81%) et à Paris (74%).
 
20 Minutes, Jeudi 20 novembre 2003
UN SONDAGE POUR LA PETITE CEINTURE
Elles auront tout tenté. Les associations Orbital et Rocade de Paris, qui plaident pour un tramway sur la petite ceinture ferroviaire, ont rendu public hier un sondage « exclusif ». Selon une étude réalisée par l’Ifop à leur demande, si 81 % des personnes interrogées sont favorables au retour du tramway en Ile-de-France, 55 % le préfèrent sur la petite ceinture et 33% sur les Maréchaux sud (TMS). 701 habitants des 13, 14 et 15es arrondissements ainsi que des communes limitrophes ont été sollicités. Les partisans du tramway sur la petite ceinture, qui ont déjà déposé un recours contre le TMS, espèrent ainsi peser dans les débats alors que la Région doit se prononcer, jeudi prochain, sur le financement du chantier. « Il est encore possible de revenir sur le projet, estiment-ils. Seuls des travaux de voirie, de toute façon indispensables, ont été engagés. »
 
Le Parisien, dimanche 16 novembre 2003
PSYCHODRAME AUTOUR DES TRAVAUX DU TRAMWAY

Ils étaient environ deux cents hier, sur le boulevard Jourdan (XIV e ), pour exprimer leur mécontentement face aux nuisances engendrées par les travaux du tramway sur les maréchaux et l'arrachage de 75 platanes sur son tracé. C'est donc symboliquement que les associations présentes, dont les Arbres du quatorze, ont planté un arbuste devant le numéro 109 du boulevard. L'occasion également d'organiser un référendum d'initiative populaire pour demander leur avis aux riverains, pour la plupart excédés par le manque le dialogue avec les pouvoirs publics. « On s'en fiche d'avoir des palmiers l'été sur les bords de Seine, on pense surtout à notre qualité de vie au quotidien. Nous avons l'impression d'être face à un véritable rouleau compresseur », raconte Michèle, 57 ans, au bord des larmes.
« Nous sommes face à un véritable rouleau compresseur » Il faut dire que la question du tramway tourne au psychodrame pour beaucoup d'habitants et de commerçants du quartier. Embouteillages, bruit, impossibilité de stationner, désertion des clients, danger pour traverser la rue... la liste des griefs contre ces travaux est longue. « C'est le sujet de conversation principal, explique une commerçante, et tous les matins on se demande s'il va y avoir un nouveau trou devant chez nous. » Un sujet qui réunit les générations puisque les jeunes écologistes tapant sur leur tam-tam ont manifesté avec les habitants de longue date du quartier. « Ce rassemblement de personnes d'univers différents est très important, car le débat doit absolument rester celui des citoyens », note Vassia, qui vit ici depuis vingt-sept ans. Pour beaucoup, ces travaux qui doivent durer trois ans posent un véritable problème de sécurité. Il devient en effet très difficile de traverser le boulevard Jourdan, et les passages piétons sont éloignés de plusieurs centaines de mètres. « C'est un drame pour les personnes handicapées, et notamment les non-voyants qui n'osent plus sortir seuls de chez eux tant le quartier change tous les jours, ils n'ont plus aucun repère », estime Christophe Guittard, représentant de l'association les Arbres du quatorze. Mais tous ne sont pas contre le principe du tramway. Ils estiment seulement que ce dernier doit être installé sur le tracé de la petite ceinture et feront tout pour se faire entendre avant le vote du budget par le conseil régional le 27 novembre.
 
Le Parisien, vendredi 14 novembre 2003
ILS NE DÉSARMENT PAS
Pour la deuxième fois, une poignée de riverains des XIVe et XVe arrondissements ainsi que des membres de l'association Orbital ont manifesté porte de Vanves (XIVe) pour réclamer un tramway... sur la petite ceinture. Ces habitants critiquent le choix de la Ville de faire passer les rames du tram sur les maréchaux. D'après eux, le site de l'ancienne voie ferrée serait plus approprié que les boulevards. La semaine dernière, ils étaient une petite trentaine à battre le pavé pour faire entendre leur voix. Hier soir, de 18h30 à 19h30, ils ont doublé leurs effectifs sans pour autant perturber la circulation. Ces manifestants ont toutefois peu de chance d'être entendus : la semaine dernière, après les multiples réunions de concertation du groupe de travail monté par la région, il est quasiment acquis que, comme prévu dans le contrat de plan Etat/région, le tramway entre le pont Garigliano et la porte d'Ivry passera par les maréchaux.
 
A lire cette semaine, dans le Canard Enchainé (édition du 01 octobre 2003) page 4, un article signé Jean-François Julliard et Hervé Liffran.









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